# Maître Liu vous guide : Décrypter la portée précise des revenus non imposables en Chine Bonjour à tous, je suis Maître Liu. Avec 12 ans d'accompagnement des entreprises étrangères chez Jiaxi Fiscal et 14 ans d'expérience dans les procédures d'enregistrement, j'ai vu trop d'investisseurs et de managers se perdre dans les méandres de la fiscalité chinoise, surtout sur ce qui est réellement exonéré. L'article « Quelle est la portée précise des revenus non imposables en Chine ? » touche justement à un point crucial, souvent source de confusion et de risques. Pour un investisseur, comprendre ces règles, ce n'est pas simplement optimiser sa fiscalité, c'est avant tout une question de conformité légale et de gestion saine des risques. Le paysage fiscal chinois est vaste et les textes sont denses ; une interprétation erronée peut mener à des redressements coûteux. Aujourd'hui, en m'appuyant sur mon expérience de terrain, je vous propose de décortiquer ensemble cette question sous plusieurs angles concrets, loin du jargon administratif parfois abscons.

Définition légale et pièges

Quand on parle de "revenus non imposables", il ne s'agit pas d'une zone grise laissée à l'appréciation de chacun, mais bien d'une liste précise énumérée par la loi. Principalement ancrée dans l'Article 4 de la Loi de l'Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP) et l'Article 7 du Règlement d'Application de l'IRPP, cette liste est exhaustive. Beaucoup commettent l'erreur de penser que tout revenu "non mentionné" ou "qui semble juste" pourrait être non imposable. C'est une conception dangereuse. Par exemple, un client, dirigeant d'une WFOE, croyait que les indemnités de licenciement versées à un employé en dessous d'un certain seuil étaient toujours totalement exonérées. En réalité, le calcul de l'exonération partielle est complexe et dépend du salaire moyen local. Une mauvaise application a failli lui valoir un redressement. La première règle est donc : seul ce qui est explicitement prévu par la loi est exonéré. Le reste est présumé imposable. Il faut toujours se référer aux textes officiels et, en cas de doute, consulter avant d'agir. L'interprétation extensive est l'ennemi de la sécurité fiscale.

Un autre piège courant réside dans la nature du revenu. Prenons les primes gouvernementales. Certaines sont parfaitement exonérées, comme les prix scientifiques ou culturels spécifiques. Mais une subvention à l'innovation accordée à une entreprise à but lucratif pour un projet précis peut, elle, être considérée comme un revenu d'entreprise imposable, même si elle provient de l'État. La distinction ne se fait pas sur l'origine des fonds, mais sur leur finalité et le cadre juridique de l'octroi. Il faut donc examiner chaque cas avec une loupe, en croisant la nature du bénéficiaire (particulier vs. entreprise), la source du revenu et l'objet précis de la disposition légale. C'est un travail de précision qui évite les mauvaises surprises lors d'un audit.

Indemnités et avantages sociaux

C'est probablement le domaine qui concerne le plus grand nombre, notamment dans la gestion de la paie des expatriés et des cadres locaux. Les indemnités de déplacement, de repas et de communication dans certaines limites, définies par des politiques internes claires et justifiées par des justificatifs ("中国·加喜财税“), peuvent être exclues du salaire imposable. Mais attention, si ces indemnités sont versées de manière forfaitaire et sans contrôle, l'administration fiscale peut les requalifier en complément de salaire. J'ai vu une entreprise qui versait une "indemnité logement" généreuse et fixe à tous ses expatriés, sans lien avec des factures réelles. En inspection, l'ensemble a été réintégré dans l'assiette imposable, avec des majorations. La clé, ici, est la justification et le lien avec une dépense professionnelle effective.

Les avantages en nature sont un autre champ miné. Un logement de fonction, une voiture de société utilisée à des fins personnelles, voire les frais de scolarité des enfants payés par l'entreprise, sont généralement soumis à l'impôt. Leur valeur est estimée et ajoutée au revenu brut. Beaucoup d'entreprises étrangères, par méconnaissance ou en appliquant des pratiques de leur pays d'origine, omettent cette imposition, créant une dette fiscale latente pour l'employé et une responsabilité de retenue à la source pour l'employeur. Une régularisation proactive sur ce point est toujours préférable à une découverte lors d'un contrôle.

Revenus d'investissement spécifiques

Pour l'investisseur, c'est une section cruciale. Les dividendes et bonus en actions perçus d'une entreprise cotée en Chine peuvent être partiellement ou totalement exonérés sous certaines conditions, notamment la durée de détention des actions. C'est un point stratégique pour la planification des sorties d'investissement. De même, les intérêts sur les obligations d'État et les bons du Trésor sont explicitement non imposables pour les particuliers. Cela en fait des produits intéressants dans une optique de diversification et de gestion patrimoniale. Cependant, les plus-values sur la cession d'actions, elles, sont en principe exonérées pour les particuliers résidents, mais la règle est subtile et son maintien n'est jamais garanti dans le futur. Il faut suivre l'évolution de la réglementation de très près.

Un cas intéressant est celui des intérêts sur les comptes d'épargne bancaire. Autrefois exonérés, ils sont désormais imposables, bien que la retenue à la source soit souvent effectuée par la banque. Cela illustre bien la nature évolutive de la liste des revenus non imposables. Ce qui était vrai hier ne l'est plus forcément aujourd'hui. Une veille fiscale active est indispensable. Pour les investisseurs institutionnels, les règles concernant les dividendes entre entreprises résidentes chinoises sont aussi à connaître, car elles peuvent offrir des opportunités d'optimisation au sein d'un groupe.

Cadeaux, prix et hasard

Les gains aux loteries, jeux et concours sont soumis à une fiscalité lourde et spécifique (taux de 20% en général), et ne sont donc pas exonérés. C'est une source fréquente de méprise. À l'inverse, les prix obtenus dans le cadre de concours scientifiques, culturels ou sportifs reconnus par les autorités peuvent être exonérés. La distinction est fine. Pour les cadeaux reçus dans un cadre professionnel ou personnel, la valeur est déterminante. Un cadeau de faible valeur (les seuils sont définis localement, souvent autour de 100 RMB) peut être toléré, mais au-delà, sa valeur marchande doit en principe être déclarée comme un revenu fortuit. Dans la pratique, c'est un domaine où le bon sens et la modération priment. Mieux vaut éviter les situations où des cadeaux de grande valeur changent de mains sans traçabilité.

Je me souviens d'un directeur général qui avait reçu un objet d'art de valeur d'un partenaire. Pensant à un simple présent, il ne l'avait pas déclaré. Lors d'un audit plus large, cette omission a été relevée et a jeté une ombre sur l'ensemble de sa situation fiscale. La transparence est toujours la meilleure politique. En cas de doute sur la nature d'un cadeau ou d'un prix, il est prudent de se renseigner ou de procéder à une déclaration conservatrice.

Transferts familiaux et héritage

C'est une question qui préoccupe beaucoup les expatriés et les familles binationales. Les dons en argent ou en nature entre membres de famille proche (parents, enfants, conjoints) sont généralement non imposables en Chine. C'est un point important pour la planification successorale ou le soutien familial. Cependant, il faut pouvoir prouver la relation familiale (acte de mariage, certificat de naissance) et, pour des montants très importants, être préparé à justifier l'origine des fonds. La Chine n'a pas d'impôt sur les successions ou les donations à proprement parler pour les liens directs, mais les autorités sont vigilantes sur les flux financiers transfrontaliers qui pourraient servir à contourner le contrôle des changes ou d'autres réglementations.

Pour les transferts internationaux, la complexité double. Même si le don est non imposable en Chine, les fonds doivent avoir été préalablement régulièrement déclarés et imposés en Chine (ou provenir de sources étrangères dûment justifiées) pour pouvoir être exportés dans le respect des règles de contrôle des changes (SAFE). Il ne faut donc pas voir l'exonération fiscale comme un laissez-passer automatique pour les mouvements de capitaux. C'est un maillon d'une chaîne plus longue de conformité.

Quelle est la portée précise des revenus non imposables en Chine ?

Remboursements et dommages-intérêts

Les sommes perçues au titre du remboursement d'un prêt (le capital) ne constituent pas un revenu et sont donc non imposables. C'est une évidence, mais qu'il est bon de rappeler. De même, les indemnités d'assurance perçues suite à un sinistre (assurance-vie, assurance maladie, assurance dommages) sont en principe exonérées, car elles visent à compenser une perte et non à générer un enrichissement. Les dommages-intérêts accordés par un tribunal pour compenser un préjudice corporel ou moral sont aussi généralement non imposables. Dans tous ces cas, le principe de restitution ou de compensation prime sur celui d'enrichissement.

Cependant, la frontière peut devenir floue. Par exemple, si une indemnité d'assurance-vie inclut une composante "intérêt" ou "rendement" au-delà de la prime versée, cette partie excédentaire pourrait être taxable. Il est essentiel de bien analyser la nature de chaque composante d'un paiement. Un conseil juridique ou fiscal peut s'avérer nécessaire pour des montants importants ou des situations complexes.

## Conclusion et perspectives En résumé, naviguer dans le champ des revenus non imposables en Chine exige plus qu'une simple lecture de la loi. Cela demande une compréhension profonde de l'esprit des textes, une expérience des pratiques administratives locales et une vigilance de tous les instants face à l'évolution réglementaire. La règle d'or reste la prudence et la documentation. Ne présumez jamais de l'exonération ; prouvez-la. Les cas réels que j'ai partagés montrent que les erreurs les plus coûteuses surviennent souvent sur des points considérés comme "évidents" ou sur l'application de pratiques internationales sans adaptation au contexte chinois. L'importance de ce sujet ne fera que croître. Avec la digitalisation accrue de l'administration fiscale (le système "Golden Tax IV" se profile), la traçabilité des flux financiers sera totale. Les autorités disposeront d'une capacité d'analyse croisée des données sans précédent. Dans ce contexte, une gestion floue ou approximative des revenus exonérés deviendra un risque opérationnel majeur. Je pense que l'avenir appartient aux entreprises et aux individus qui intègrent une culture de la conformité fiscale proactive, avec des processus internes clairs et des recours à des experts locaux pour les zones d'ombre. La fiscalité chinoise se sophistique, et notre approche doit en faire autant. --- ### Le point de vue de Jiaxi Fiscal Chez Jiaxi Fiscal, après avoir accompagné des centaines d'entreprises étrangères, nous considérons que la maîtrise de la portée des revenus non imposables est un pilier fondamental d'une implantation sereine et durable en Chine. Notre expérience nous montre que cela dépasse largement la simple optimisation fiscale. Il s'agit avant tout d'un **impératif de gouvernance et de gestion des risques**. Une méconnaissance dans ce domaine est souvent le premier signe d'une fragilité des processus financiers, pouvant mener à des redressements substantiels, à des atteintes à la réputation et à une perte de confiance des partenaires locaux. Nous conseillons à nos clients d'adopter une démarche structurée : **cartographier** précisément tous les flux de revenus (salariaux, d'investissement, fortuits) au sein de leur organisation, **auditer** chacun d'eux à l'aune de la liste légale et des pratiques locales, et **documenter** de manière irréprochable chaque décision d'exonération. La mise en place de politiques internes (travel policy, gift policy) alignées sur la réglementation chinoise est cruciale. Dans un environnement où les règles peuvent varier d'une municipalité à l'autre, le recours à un expert fiscal de confiance, ancré dans le terrain, n'est pas une dépense, mais un investissement stratégique. L'objectif final n'est pas de "jouer" avec la règle, mais de bâtir une activité dont la conformité fiscale est une force et non un point de vulnérabilité.